Lorsque l’on parle de cataclysmes, on pense évidemment aux catastrophes naturelles telles que les tremblements de terre, les ouragans ou les inondations, par exemple ; ou encore aux chamboulements causés par l’homme, comme les grandes guerres, les crises sociales ou financières. Nous pensons aussi peut-être aux toiles de Brueghel, où sont représentés le désordre brutal de l’Apocalypse et la vulnérabilité de l’homme. N’oublions pas aussi le célèbre Déluge, qui alimente nos imaginaires depuis toujours. Nous viennent en tête ces images HD de la terre qui tremble, qui se fissure, se réchauffe et se consume pour avaler les hommes. Nous ne semblons pas nous lasser de ces apocalypses en trois dimensions, témoins immobiles de notre propre fin si magnifiquement présentée.

Dans ce numéro de Mœbius, si vous trouverez bien des textes qui se passent dans un futur plus ou moins postapocalyptique, ou bien des évocations de catastrophes naturelles, vous trouverez surtout des textes dans lesquels il est question de cataclysmes intérieurs. De véritables débordements, mais de l’ordre du privé. Des crises personnelles, des catastrophes à petite échelle, qui pourtant transforment, redéfinissent ceux qui les vivent. Certains personnages ont peur du moindre bouleversement, petit ou grand ; pour eux, tout est une catastrophe monumentale. Pour d’autres, une perturbation vécue dans un passé plus ou moins lointain laisse des traces indélébiles avec lesquelles il faut apprendre à vivre. Quelques textes présentent des épisodes particulièrement troublants de vies humaines, et sont à eux seuls de petits cataclysmes. Des suites poétiques évocatrices proposent des visions sensibles de notre monde en déroute, de notre propre disparition annoncée, ou donnent à voir la frénésie destructrice de ce monde.

Et si, dans ce numéro de Mœbius, l’Apocalypse à proprement parler n’est pas au centre des textes, on y retrouve tout de même un imaginaire de la destruction puis de la renaissance, du recommencement, ainsi que plusieurs métaphores de la fin du monde. Mais en attendant cette fin, il faut affronter les ouragans qui se mettent en travers de nos chemins, faire face à ces obstacles qui paraissent parfois insurmontables. Les textes nous rappellent que pour l’instant, il faut bien vivre dans le monde dont nous disposons.

Mylène Durand

Avec des textes de :

Geneviève Boudreau, Jonathan Charette, Marisol Drouin, Dany Leclair, Nicholas Dawson, Denise Desautels, Camille Deslauriers, David Dorais, Louise Dupré, Danny Émond, Julien Fortin, Marie-Chantale Gariépy, Marie-Sissi Labrèche, Lucie Ledoux, Jean-François Létourneau, Aimée Lévesque, Françoise Major, Pénélope Mallard, Mathieu Simoneau, Lucille Toth.

Lettres

Nicole Brossard et Isabelle Gaudet-Labine

Les yeux fertiles

Hans-Jürgen Greif lit Olga Duhamel-Noyer.
Robert Giroux lit la biographie de Roland Barthes par Tiphaine Samoyault.

numéro 149

Cataclysmes

Un numéro piloté par Mylène Durand
ISBN: 978-2-89741-080-3, 12 $